Parasites : l’espace sous tension

© J. Helgason/Shutterstock

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Parasites : l’espace sous tension

Résidence
du 17 novembre au 18 décembre 2014

Causerie
le mardi 16 décembre, à 17 h 30

dans le cadre du programme de résidence de recherche en commissariat M&M
en collaboration avec le CAM et le Laboratorio Arte Alameda

      

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le développement des technologies modernes a engendré des frictions entre les positivistes et les tenants de la pensée occultiste qui s’avérèrent productives. Les efforts des positivistes visaient à démystifier l’inexplicable et à reconceptualiser la part d’inconnu dans l’univers selon des lois physiques avérées, alors qu’un retour à la pensée occultiste fut effectué au contact des « nouvelles » technologies de l’époque dans le but d’aménager un espace discursif propre à la métaphysique et aux phénomènes paranormaux.

Parasites : l’espace sous tension est un projet centré sur le concept des « parasites » (interférence électrostatique, bruit, hic, artéfact de l’image, neige, silence radio) et leur modulation de l’espace. Les « parasites » réfèrent à un champ de transmission ; à un site de voluminosité et d’escale indéterminées ; à une scène de non-identité ; à une atmosphère technologiquement reproduite qui trafique dans l’imperceptible, le subliminal et le désavoué. En tant que phénomène du seuil perceptif associé aux domaines occultes, les parasites rétablissent la lignée ésotérique du mot « médium » : par leurs fluctuations entre le matériel et l’immatériel, leurs écologies spectrales et leurs présences formelles (et informelles) menaçantes. La portée des parasites s’étend des ennuis fortuits jusqu'à l’environnement immersif qui suscite une contemplation inquiète.

Ce projet vise à accroitre les paramètres historiques et conceptuels des médias  au-delà des déterminismes technologiques, et à contextualiser les pratiques de l’art contemporain qui évoquent à la fois les imaginaires de l’horreur (haunted media) et les politiques de l’opacité (la surveillance indésirable), ceci, en réhabilitant la plasticité et l’intelligence de l’espace. Avec les parasites, l’espace devient volatile, chargé, expansif, immersif, vivant.

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Mara Fortes

Mara Fortes est née à Mexico en 1981. Chercheuse et commissaire, elle détient un baccalauréat en Film and Media Studies du Swarthmore College (États-Unis). Elle poursuit actuellement des études à l’Université de Chicago en tant que doctorante en Cinema and Media Studies (thèse : Cinema atmospherics and the spatial uncanny.) Elle est commissaire au Festival du film de Telluride (États-Unis), programmatrice au Festival du film documentaire Ambulante (Mexique) et conservatrice en chef du “Cine más allá”, le département audiovisuel du Centro de Cultura Digital (Mexique). En tant que commissaire, elle a travaillé pour divers festivals et institutions dont le Musée Reina Sofia (Espagne), La Otra Bienal (Colombie) et le London MexFest (Royaume-Uni). Ses recherches abordent l’archéologie des média, l’installation, l’histoire de l’avant-garde, le cinéma expérimental et expansif, les études du son, et les medias queer.