Rassembler les outils de décolonisation : dépasser le modernisme occidental

source : Koman Ilel, licence cc 2016

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source : Koman Ilel, licence cc 2016

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Rassembler les outils de décolonisation : dépasser le modernisme occidental

Résidence
18 mars au 20 avril 2016

Conférence
jeudi 7 avril, à 18 h, à SBC Galerie d’art contemporain

dans le cadre du programme de Résidence croisée de recherche en commissariat M&M

    

Pour sa résidence de recherche chez OBORO, Irmgard Emmelhainz fera appel à des outils historiques, conceptuels et empiriques pour créer des parallèles entre la théorie et la pratique de la décolonisation au Mexique et au Québec. Elle aura recours à la perspective des autochtones d'aujourd'hui, qui propose des solutions de rechange à la logique du progrès occidental et au capitalisme extractif.

Emmelhainz suggère qu'en politique contemporaine, c'est la vie même qui est en jeu, ce qui donne lieu à la nécessité de trouver des moyens de se mobiliser collectivement face à l'ingénierie sociale néolibérale. Elle propose que les cosmologies des premiers peuples soient la clé de cette lutte. À titre d’exemple, elle mentionne le concept de « comunalidad » qui a vu le jour dans les années 1980 dans l'état d’Oaxaca pour décrire l'être-ensemble présent dans les modes de mobilisation traditionnels, qui favorise une reconstruction éthique des peuples par un refus du capitalisme.

Cette reconstruction implique des façons d'habiter le territoire à la fois nouvelles et prémodernes, façons d'habiter qu'Emmelhainz propose de comparer avec les pratiques et concepts utilisés par les premiers peuples présents sur le territoire québécois. Une fois que les siècles d'exclusion et de violence subis par ces derniers seront reconnus, on pourra apprendre de leur exemple et vivre dans le monde autrement.

Emmelhainz affirme que « le mouvement indépendantiste au Québec a créé des parallèles problématiques entre le statut minoritaire des Québécois au Canada et l'oppression des premiers peuples : dans mes recherches, je voudrais puiser dans certains aspects de la lutte de décolonisation des autochtones pour trouver des alternatives aux idées occidentales de progrès et de modernité. Le bagage culturel autochtone devient non plus un outil de lutte politique et identitaire, mais une cosmologie où peuvent exister d'autres formes de vie et de mobilisation, au-delà de nos conceptions modernes et anthropocentriques du monde. »

Ce projet est soutenu par le Conseil des arts de Montréal, en collaboration avec le Laboratorio Arte Alameda (Mexico) et SBC galerie d’art contemporain.

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Pendant sa résidence, Irmgard Emmelhainz agira également à titre de co-commissaire à la SBC Galerie d'art contemporain :

Est-ce que l’huître dort ?
Sophie Bissonnette / Martin Duckworth / Joyce Rock • Maja Borg • Marguerite Duras • Sara Eliassen • Silvia Gruner • Waël Noureddine
commissariat de Pip Day et Irmgard Emmelhainz
30 avril au 9 juillet 2016

Est-ce que l’huître dort ? examine le rôle d’éros dans le politique. Quand éros arrache le sujet de sa subjectivité, le portant au-dehors de lui-même, vers l'autre, cela rend possible une ouverture vers l’autre de la modernité. Alors que la politique est peut-être hostile à l'amour – dans son conflit entre intérêt commun et désir individuel –, il existe incontestablement une sphère dans l’action politique qui communique avec éros. L'action politique dans son rapport à éros peut être comprise comme un désir commun de vivre autrement dans un monde plus équitable, où les rapports entre les humains, la terre et la propriété seraient différents. Est-ce que l’huître dort ? emprunte son titre au livre Água Viva de Clarice Lispector, également à l’origine du programme ciblé en cours à SBC.

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Irmgard Emmelhainz

Irmgard Emmelhainz est traductrice, écrivaine et chercheuse indépendante basée à Mexico. En 2012, elle a publié une collection de textes sur l'art, la culture, le cinéma et la géopolitique, Alotropías en la trinchera evanescente: estética y geopolítica en la era de la guerra total (BUAP). Ses écrits sur le cinéma, la question palestinienne, l'art, la culture et le néolibéralisme, traduits en allemand, italien, norvégien, français, anglais, arabe, turc, hébreu et serbe, ont été présentés à l'international, entre autres à la Graduate School of Design de l'Université Harvard (2014), au March Meeting de la Fondation Sharjah, et au colloque Benjamin in Palestine, à Ramallah (2015). Elle est membre du comité de rédaction du Scapegoat Journal, et son plus récent livre The Tyranny of Common Sense: Mexico’s Neoliberal Conversion paraitra en mars 2016.