Denilson Baniwa, Glicéria Tupinambá, Helio Eudoro, Kimberly Orjuela, Maiko Rodrig, Marie-Danielle Duval, Martín Rodríguez, Molly Bertheaud Le jaguar et l’oiseau écarlate

© Célia Tupinambá a Fernanda Liberti, still from the video A dança do pássaro Tupinambá/ The dance of the Tupinambá bird, 2021.
Biographies des artistes
Denilson Baniwa est originaire de l’Amazonie et appartient à la nation Baniwa. Son travail s’appuie sur des recherches concernant les apparitions et les disparitions des peuples autochtones dans l’histoire officielle du Brésil, tout en explorant les cosmologies autochtones et leurs représentations artistiques afin de partager et de préserver les savoirs ancestraux. Il a participé à des expositions au CCBB, à la Pinacothèque de São Paulo, au CCSP, au Musée afro-brésilien, au MASP, au MAR, au Musée de demain, à la Biennale de Sydney, à la Biennale de São Paulo, au Getty Museum de Los Angeles, au Museo Amparo au Mexique, à Inhotim, entre autres. En 2024, il a été l’un des commissaires du Pavillon brésilien à la Biennale de Venise.
+ Paulo Fluxus est un artiste brésilien de la lumière et du laser, actif à l’échelle internationale depuis plus de 16 ans. Artiste visuel multimédia et militant, il développe des interventions dans l’espace urbain et en forêt, ainsi que pour des expositions, rituels, festivals et tournages. Son travail explore les dimensions esthétiques, politiques et tactiques de la lumière, en particulier du laser, souvent en collaboration avec des artistes autochtones et en soutien aux peuples et aux forêts. Diplômé de l’École des communications et des arts de l’Université de São Paulo, il est membre du réseau Projetemos et fondateur de TANQ Rosa Choq et du CANiL da USP.
Glicéria Tupinambá, également connue sous le nom de Célia Tupinambá, est originaire du village de Serra do Padeiro, situé dans le territoire autochtone Tupinambá d’Olivença, dans le sud de l’État de Bahia. Elle participe activement à la vie politique et religieuse des Tupinambá, s’impliquant surtout dans les questions liées à l’éducation, à l’organisation productive du village, aux services sociaux et aux droits des femmes. Elle est titulaire d’un baccalauréat en relations interculturelles autochtones de l’Institut fédéral d’éducation, de science et de technologie de Bahia (IFBA) et d’une maîtrise en anthropologie sociale de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Récemment, elle a été la première artiste autochtone à représenter le pays au pavillon du Brésil à la Biennale de Venise en 2024.
+ Fernanda Liberti (née en 1994 à Rio de Janeiro) est une artiste plasticienne brésilienne qui travaille à la croisée de la photographie, de l’image animée et de la peinture. Sa pratique explore les intersections entre la nature et la vie urbaine, la mémoire, les migrations et les histoires coloniales, en mettant l’accent sur les femmes, les peuples autochtones, les personnes de couleur et les communautés LGBTQ+. À travers des projets collaboratifs et fondés sur la recherche, elle considère les images comme des archives vivantes. Parmi ses œuvres récentes figure Dust From Home (2024), lauréate de la bourse Deloitte Photo Grant 2023. Lauréate du Prix Dior de la photographie et des arts visuels 2022 dans la catégorie Jeunes talents, son travail a fait l’objet d’expositions internationales. Elle vit et travaille entre Londres, Athènes et Rio de Janeiro.
Helio Eudoro est un artiste multidisciplinaire brésilien-canadien basé à Toronto. Il travaille à travers la sculpture, la peinture, la photographie, la poésie, l’installation et la performance. Il détient une maîtrise en arts visuels (MVS) de l’Université de Toronto ainsi qu’un baccalauréat en beaux-arts de l’OCAD University. Sa pratique a été présentée dans plusieurs institutions, festivals et espaces d’exposition au Canada, au Brésil et aux États-Unis. Eudoro est lauréat de plusieurs distinctions, dont le GOG Award for Exhibition of the Year (2023), le Toronto Arts Foundation Space Award (2023), le Carmen Lamanna Award (2022) et le RBC Newcomer Arts Award (2020).
Kimberly Orjuela est une artiste colombienne établie à Montréal, au Canada. Elle a obtenu un baccalauréat en beaux-arts à l’Université Concordia en 2023. Elle a reçu des subventions du Conseil des arts du Canada en 2024, 2025 et 2026, ainsi que du Conseil des arts et des lettres du Québec en 2025. Ses œuvres ont été exposées à l’échelle nationale et internationale, notamment dans le cadre d’une exposition collective au Musée d’art contemporain de l’Utah, organisée par le National Council on Education for the Ceramic Arts en mars 2025, et actuellement dans le cadre de l’exposition Ancestral Abiayala : Céramiques des peuples autochtones d’Amérique latine au Musée Gardiner de Toronto.
Maiko Rodrig est un artiste brésilien établi à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Son attachement aux méthodes analogiques l’a conduit à se plonger dans l’impression manuelle et les techniques de chambre noire, où il considère l’émulsion photographique à la fois comme un sujet et comme un matériau. Parallèlement à ses portraits figuratifs, il réalise des abstractions éclatantes sans appareil photo sur du papier photosensible, en utilisant diverses sources lumineuses. Grâce à une recherche continue ainsi qu’au développement et au perfectionnement de ses propres techniques, il explore la dimension physique de la photographie analogique et considère la chambre noire comme un espace de dévotion.
Marie-Danielle Duval est une artiste sénégalo-québécoise basée à Tiohtià:ke/Montréal. Elle a étudié les arts visuels à l’UQAM (BFA) et à l’Université Concordia (MFA). En 2024, elle a présenté son travail lors d’expositions individuelles à la Galerie Hugues Charbonneau, à la Galerie McClure et à la Maison de la culture Marie-Uguay. Ses projets ont été soutenus par le Conseil des arts du Canada, la bourse internationale de la Fondation Elizabeth Greenshields et le FRQSC. À travers le prisme de son expérience diasporique, Marie-Danielle explore le pouvoir transformateur des récits en transposant des figures littéraires dans le champ visuel. Par une approche autofictive du portrait, elle s’engage à valoriser des histoires marginalisées, leur offrant une place centrale et leur permettant de résonner collectivement.
Martín Rodríguez (MX/US/CA) est un artiste spécialisé dans la transmission et le son, établi à Montréal, dont le travail se situe à la croisée de la radio, de la migration et de l’expiation. Ancrée dans son éducation xicanx le long de la frontière entre l’Arizona et le Mexique, sa pratique recourt à la performance, à l’intervention et à l’installation pour explorer les histoires sonores du Mexique, des États-Unis et du Canada. Ses travaux récents s’étendent aux contextes migratoires et agricoles, à l’engagement communautaire, à la résilience, à l’interdépendance et à l’écoute collective. S’inspirant de la méthodologie xicanx du rasquachismo, Rodríguez reconfigure les matériaux par des actes pragmatiques de réinvention façonnés par l’adaptation et la rareté. Son travail a été présenté à l’échelle nationale et internationale.
Molly Bertheaud est une artiste canadienne-américaine établie à Montréal qui travaille à la fois avec des textiles tricotés industriellement et brodés à la main, la peinture, la performance et l’installation. Elle allie l’artisanat traditionnel et les nouvelles technologies pour raconter des mythologies modernes. Son œuvre explore les équilibres entre le désir, la responsabilité, la folie et l’espoir face à l’incertitude. Elle est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Emily Carr et termine actuellement une maîtrise en beaux-arts à l’Université Concordia. Son travail a été présenté dans le cadre d’une exposition solo à la galerie McClure, d’une résidence à l’Atelier 43, ainsi que de projets internationaux, notamment le Wassaic Project à New York.
Réunissant des artistes d'Abya Yala (les soi-disant Amériques), Le jaguar et l’oiseau écarlate explore les intersections dynamiques des perspectives terrestres et aériennes à travers de riches traditions symboliques félines et aviaires. S’appuyant sur des approches autochtones, latinx, féministes, queer et diasporiques, l’exposition examine des récits territoriaux, culturels et migratoires façonnés par des conceptions tant ancestrales que contemporaines du symbolisme animal.
Inspirée en partie par le manteau de plumes tupinambá — un vêtement cérémoniel autochtone historiquement confectionné à partir de plumes d’ibis écarlate et réactivé aujourd’hui par les communautés tupinambá —, l’exposition met en dialogue le jaguar et l’oiseau écarlate en tant que puissantes figures de mémoire, de cosmologie, de transformation et de résistance. Profondément ancrés dans les cosmologies autochtones d’Abya Yala, ces symboles offrent un cadre pour reconsidérer les héritages coloniaux ainsi que les formes contemporaines d’expression culturelle.
À travers la sculpture, l’installation, la vidéo, la peinture et la tapisserie, l’exposition déploie le regard d’artistes aux héritages brésilien, canadien, colombien, mexicain, américain et sénégalais pour proposer une réflexion plurielle sur l’altérité, la fiction, la transculturation et les identités postcoloniales. En faisant dialoguer des pratiques artistiques et des perspectives culturelles diverses, Le jaguar et l’oiseau écarlate met en lumière l’influence persistante des iconographies animales dans la construction contemporaine des notions d’appartenance, de mémoire historique et de transformation culturelle.

© Célia Tupinambá a Fernanda Liberti, still from the video A dança do pássaro Tupinambá/ The dance of the Tupinambá bird, 2021.
Rodrigo d’Alcântara est un commissaire, chercheur et enseignant brésilien dont la pratique s’appuie sur des approches collaboratives et interdisciplinaires en art contemporain. Son travail commissarial explore les récits, les symbolismes et les mythologies issus des pratiques artistiques des communautés PANDC (personnes autochtones, noires et de couleur), queer et diasporiques, en accordant une attention particulière aux perspectives latino-américaines et brésiliennes qui remettent en question les cadres coloniaux et hégémoniques. Depuis 2013, il développe des expositions et des projets de recherche au sein d’institutions publiques et universitaires. En explorant les stratégies de résistance symbolique et politique à travers l’art contemporain, son travail s’est progressivement orienté vers la création de dialogues entre diverses communautés des Amériques et du Canada. Grâce à des collaborations avec des institutions et des centres d’artistes au Brésil et au Canada, il a conçu des expositions, des programmes de résidence et des initiatives publiques privilégiant des approches horizontales et le partage des savoirs. Parmi ses projets récents figurent des collaborations avec SBC galerie d’art contemporain (Québec, 2022), A Pilastra Gallery (Brésil, 2023), Oxygen Art Centre (Colombie-Britannique, 2023) et Museum London (Ontario, 2025).