Julie Tremble LUCABOT

© Julie Tremble, image tirée de la vidéo LUCABOT, 2026
Prolongeant les recherches de Julie Tremble sur la matière et l’univers, la vidéo LUCABOT (2026) se présente comme une science-fiction contemplative inspirée de découvertes récentes en cosmologie et en biochimie. L’œuvre propose une alternative aux récits classiques du voyage spatial : aux vaisseaux futuristes et aux conquêtes intergalactiques se substitue ici la quête solitaire d’un minuscule robot biologique parcourant le cosmos à la recherche d’une signature ADN.
Si le mot LUCA renvoie à l’acronyme de Last Universal Common Ancestor, désignant en biologie l’ancêtre cellulaire commun à toute forme de vie sur Terre, LUCABOT en propose une lecture éclatée qui navigue entre les registres philosophique et apocalyptique. Le point de vue adopté ne se situe pas à l’échelle humaine, mais à celle du vivant lui-même. Par ce déplacement, l’œuvre illustre l’unité fondamentale de la matière organique et invite à repenser notre relation au monde loin des discours misanthropiques, tout en laissant affleurer l’urgence socio-écologique et politique de notre époque.
Combinant animation 3D et prises de vue réelles, LUCABOT conjugue le microscopique à des structures spatiales à très grande échelle, rappelant au détour que nous sommes tributaires de variations et d’agencements infinis de la matière à travers le temps. Fidèle à l’approche de Tremble, l’œuvre échappe à une application didactique de théories scientifiques en art pour tracer un portrait sensible des forces invisibles qui façonnent notre monde.
Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.
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© Julie Tremble, image tirée de la vidéo LUCABOT, 2026
Julie Tremble détient une maîtrise en études cinématographiques de l’Université de Montréal ainsi qu’un baccalauréat combinant cinéma et philosophie. Son travail a été présenté au Canada et à l’international dans des centres d’art parmi lesquels : Dazibao, Galerie B-312, la Fonderie Darling (Montréal), The Factory (Islande), le Museum Ludwig (Budapest), STUDIOTELUS du Grand Théâtre de Québec et VU (Québec), la Galerie d’art Foreman et Sporobole (Sherbrooke) ainsi que lors de différents festivals dont le Mirage Festival (Lyon), Les Instants Vidéo (France), le Festival du nouveau cinéma, le Festival international du film sur l’art (Montréal) et Images Festival (Toronto). Elle a également présenté son travail lors des conférences multidisciplinaires : rencontre biennale de l’International Society for the History Philosophy and Social Studies of Biology (Université de Toronto) et Origine de la vie, discours et représentation (Acfas, Université de Montréal). En 2013, elle reçoit le prix du CALQ pour la meilleure oeuvre d’art et d’expérimentation décernée dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma.